La fasciite plantaire et l’épine de Lenoir (calcanéenne)

Autres pathologies, Thérapeutique et prévention de pathologies

Publié le 21 février 2012


Par l'équipe des physiothérapeutes 

Action Sport Physio

 

Un client se présente en pharmacie avec une douleur récurrente au niveau de l'arche plantaire. Bien qu'il essaie d'étirer son pied et porte maintenant des chaussures confortables en tout temps, il note que les douleurs reviennent. Son médecin lui a parlé d'une possible fasciite plantaire avec ou sans épine de Lenoir et lui recommande de porter une orthèse et d'étirer son mollet. Il n'est pas certain de comprendre et vous demande de l'aider.   



Définition :
  • La fasciite plantaire est une atteinte inflammatoire douloureuse et dégénérative du fascia (tissu conjonctif) de la plante du pied, qui forme et soutient la voûte plantaire.
  • Une épine calcanéenne (au talon), ou épine de Lenoir, est un éperon osseux qui se forme (dépôts de calcium) sur l'os du calcanéum, elle peut se développer au fil du temps en cas de fasciite plantaire prolongée.
  • Cette excroissance osseuse est donc le plus souvent un symptôme de la fasciite plantaire plutôt que sa cause.
  • L'épine de Lenoir ne constitue pas une pathologie en elle-même, mais elle est communément désignée comme diagnostic.

Fréquence : 

  • La fasciite plantaire est la cause la plus courante de douleur au talon.
  • Elle survient communément chez les personnes âgées de 40 à 70 ans.
  • Les femmes sont généralement plus enclines à développer une fasciite plantaire que les hommes.
Causes :
La fasciite plantaire est principalement une blessure de surmenage du fascia plantaire, particulièrement causée par un étirement excessif répété dû aux raisons suivantes :
  • Problèmes d'arche plantaire (arche plate ou creusée).
  • Obésité ou prise de poids soudaine.
  • Course longue distance (particulièrement sur des surfaces dures).
  • Mauvais choix de chaussures qui supportent peu ou pas du tout la voûte, ont des semelles trop molles ou trop dures, ou absorbent mal les chocs.
  • Muscles du mollet et tendons d'Achille tendus.
  • Démarche anormale.
  • Station debout prolongée (certaines occupations sont plus à risque). 
  • Des facteurs biomécaniques tels que le déroulé excessif des pieds vers l'intérieur lors de la marche / course (pronation).
  • Modification dans l'activité ou augmentation de l'intensité de l'entrainement.
Symptômes / Présentation :
  • Les symptômes les plus courants sont une douleur et une raideur de la région du talon lors des premiers pas de la journée.
  • Douleur et raideur au niveau du talon, parfois associées à une douleur lancinante sur la plante du pied.
  • La douleur peut être sourde ou vive.
  • La souffrance s'aggrave lors de la pratique prolongée d'une activité, et la douleur est généralement présente tout de suite après une période d'inactivité. 
  • Peut se développer lentement au fil du temps, ou soudainement après un accroissement d'activité ou d'entraînement. 
  • Habituellement plus douloureux lors de la montée d'escaliers à cause de la position tendue du fascia plantaire.
  • Douleur lors de la tension des tissus conjonctifs du pied, par exemple l'étirement du pied vers le haut.
Pronostic :
  • La fasciite plantaire répond généralement bien à un traitement conservateur et à des ajustements adéquats des facteurs aggravants.
  • La disparition des symptômes peut généralement prendre quelques mois, avec des épisodes d'intermittences et de réapparition.
  • Dans un faible pourcentage de cas, la chirurgie peut être envisagée, si le traitement conservateur échoue.
 
Conseils / Outils: 
  • Étant donné que la fasciite plantaire et l'épine de Lenoir sont intrinsèquement liées, on les soigne de la même façon. Vous devez traiter dès l'apparition des premières douleurs sous le pied.
  • Ne pas pratiquer d'activités aggravant l'état.
  • Glace - Il est possible d'utiliser une bouteille d'eau ou une canette gelée et de rouler le pied sur celle-ci pour appliquer la glace tout en effectuant un léger massage du fascia plantaire.
  • Étirer les muscles du mollet et le fascia plantaire:
  1. Faire passer une serviette derrière la partie avant du pied et la tirer en arrière pour étirer légèrement le mollet et la plante du pied. Particulièrement avant de sortir du lit et de mettre du poids sur le pied pour la première fois de la journée.
  2. Les étirements du mollet peuvent s'effectuer debout avec l'avant de votre pied sur le bord d'une marche et en abaissant votre talon, tout en gardant votre genou droit, jusqu'à en sentir l'étirement dans les muscles du mollet.
  • Des coques talonnières ou des orthèses plantaires peuvent être considérées pour un soulagement intermédiaire des symptômes.
  • Le choix des chaussures est extrêmement important. Évitez les chaussures mal ajustées ou trop petites. Celles avec une semelle trop molle ou trop dure, ou sans support de la voute plantaire, entraînent une tension du fascia plantaire. En règle générale, des chaussures bien ajustées avec un support adéquat de la voute plantaire entraîneront moins de tension sur le fascia plantaire et peuvent faire disparaître des symptômes existants. Remplacer vos vieilles chaussures de sport, qui ont perdu de leur capacité d'absorption des chocs, peut être très utile. 
  • Attelles de nuit - Pour garder le pied statique en dorsiflexion pendant la nuit, afin d'éviter l'étirement soudain du fascia plantaire lors des premiers pas le matin.
  • Il est possible d'utiliser des AINS oraux ou en application topique locale pour réduire l'inflammation et la douleur. Les AINS topiques peuvent contribuer de manière importante à soulager la douleur pour des troubles musculo-squelettiques et ont montré moins d'effets secondaires [1,2,3].
Traitement :
  • Le traitement pour la fasciite plantaire dès les premiers symptômes est conseillé pour faire disparaître l'inflammation, éviter une dégénérescence accrue et le développement de symptômes chroniques.
  • Le traitement conservateur pour la fasciite plantaire implique du repos, des massages, l'application de glace, des étirements, la perte de poids, le port d'attelle de nuit, des orthèses, ainsi que des médicaments anti-inflammatoires (AINS) oraux et topiques. 
  • La thérapie par onde de choc extra-corporelles, la prolothérapie et l'acupuncture sont des options de traitements supplémentaires.
  • L'injection de corticostéroïdes est souvent pratiquée et ne fournit généralement qu'un soulagement à court terme si les causes et les facteurs aggravants n'ont pas été correctement traités. Il y a également un risque associé de rupture du tendon, particulièrement lors d'injections répétées de corticostéroïdes dans la même zone.
  • L'opération chirurgicale n'est habituellement envisagée que si le traitement conservateur échoue et que la douleur persiste après 6 à 12 mois. L'intervention chirurgicale la plus courante est une fasciotomie plantaire (libération de l'aponévrose plantaire [le fascia plantaire]). La chirurgie est généralement un dernier recours à cause des risques de complications et d'échec.
  • La physiothérapie se concentre sur des traitements conservateurs et implique la détermination des causes et des facteurs aggravants.
  • Les traitements se composent d'étirements des muscles du mollet et du fascia plantaire, de thérapies par ultrasons, laser, bandage, renforcement des muscles du mollet et des muscles intrinsèques du pied. Les physiothérapeutes se concentrent ainsi sur le traitement de la cause, pas uniquement les symptômes et la prévention d'une réapparition du problème.  
  • Il est donc recommandé au patient de consulter un physiothérapeute dès l'apparition des symptômes afin d'éviter des complications sur le long terme et d'aider le patient pour le traitement et la correction des causes et des facteurs aggravants. Si un patient ne répond pas correctement au protocole du premier traitement, il peut alors être envoyé à un médecin généraliste et être suivi par celui-ci.

 

Image disponible en anglais seulement | Adapté de www.plantar-fasciitis.org

 

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Références:
  1. Vaile JH, Davis P.  Topical NSAIDS for musculoskeletal conditions. A review of the literature. Drugs 1998 Nov; 56 (5) :783-799.
  2. Heyneman CA, Lawless-Liday C, Wall  CG. Oral versus topical NSAIDs in rheumatic disease. A comparison. Drugs 2000 Sep; 60 (3):555-574.
  3. Haroutiunian et al. Topical NSAID Therapy for Musculoskeletal Pain. Review article. Pain Medicine 2010; 11: 535–549.

 

Cet article a été rendu possible grâce à la commandite sans restriction de Voltaren Emulgel  

 

 

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